N'ayons pas peur des mots, avant j'étais grosse! 1/2

Plus que grosse... J'ai atteint un poids classé par l'IMC dans la catégorie "obèse". Je n'aime pas mettre les gens dans des cases; chacun a bien le droit d'être comme il est du moment qu'il s'y sent bien. J'ai presque franchi la barre fatidique des 3 chiffres sur la balance (pour 1m62 - 98kg). Malgré tout, mon coté rebelle essayait de me convaincre que j'en avais rien à fouttre de ce que pouvait bien penser les gens. Mais moi dans tout ça? Quelle image avais-je réellement de moi? Tout ce que je peux dire c'est que j'ai toujours été mal dans ma peau aussi loin que remonte ma mémoire. Aujourd'hui j'ai décidé d'être heureuse. Je ne veux pas dire que dans mon passé je n'ai rien eu d'heureux... heureusement que j'ai aussi de très bons souvenirs. Je veux simplement vous dire qu'il faut arrêter de se voiler la face et de se faire croire que tout va bien quand au fond de nous un mal-être pernitieux s'installe et nous empêche de savourer chaque instant. Je n'ai pas choisi l'intitulé de mon blog par hasard (Everyday is good). Depuis un peu plus d'un an maintenant j'essaye de vivre chaque jour comme si c'était le dernier. La vie est bien trop courte pour perdre son temps à se morfondre sur ce que vous avez "mal fait", avancez. Prenez votre courage à deux mains et avancez. Ne regardez pas le chemin qu'il reste à parcourir mais celui que vous avez déjà parcouru. Ne cherchez pas à atteindre et à dépasser vos limites, cherchez carrément à les repousser!

Vous avez été nombreuses à me demander comment j'ai perdu 40kg et comment j'ai changé de vie alors si mon parcours peut en aider certain(e) je vais vous raconter mon histoire.

A 10 ans, ma maman m'a emmenée consulter un pédiatre endocrinologue car je grossissais anormalement. Ce gentil spécialiste n'a rien trouvé de mieux que de me mettre au régime! On ne met pas un enfant au régime où l'on court à la catastrophe. Je n'ai fait que ralentir mon métabolisme et moins je mangeais plus il stockait. Il paraît que c'est ce qu'on appelle "l'instinct de survie"... peut-être aurait-il du simplement chercher si je n'avais pas subi de choc affectif. Mes parents se séparaient et je le vivais plutôt mal mais de nos jours les enfants de "divorcés" c'est tellement courant qu'on en a plus rien à faire. Une séparation est toujours difficile à vivre peu importe l'âge, le sexe et les circonstances. Les enfants souffrent autant que nous si ce n'est plus des problèmes des adultes mais nous, adultes omniscients que nous sommes, ne nous en rendons pas toujours compte...

Parallèlement j'ai subi une puberté trop précoce. Prise de poids, taille, seins, un physique d'ado dans un corps de petite fille... J'ai commencé à me sentir très mal à l'école et particulièrement en cours de sport. J'étais cataloguée dans les "bonnes à rien". Vous savez, celles qu'on choisi en dernier et encore, après avoir joué à pierre-papier-ciseaux pour savoir qui se taperait le boulet dans son équipe. Pourtant j'aimais le sport. Mais voilà, cela ne se "voyait" pas, je n'avais pas le physique pour ça. A cette époque je voulais faire de la danse. J'avais essayé le judo mais ma mère en avait marre de passer ses soirées aux urgences parce que je m'étais pété un truc. Seulement la prof de danse classique n'acceptait pas les petites filles qui ne répondaient pas aux "standards" de la danse classique. Mais je m'en fichais moi j'aimais la danse Moderne-Jazz et j'ai eu une super prof qui m'a tirée vers le haut. Malgré tout je ne ressemblais pas aux autres et j'ai développé de sacrés complexes. En grandissant, je me suis mise à compter les calories, à ne plus rien manger d'autres que de la salade sans sauce et de la viande sans graisse. Ma mère m'engueulait parce qu'elle avait peur que je tombe dans l'annorexie. Mais l'ado que j'étais n'en avait évidemment rien à faire. Je continuais de maigrir et ça me convenait parfaitement bien. Il m'arrivait après les repas de famille de me faire vomir mais ça personne n'en a jamais rien su...

A 16 ans, j'ai rencontré mon mari (et oui, j'ai de la chance, 15 ans qu'on s'aime comme au premier jour si ce n'est plus :D). Je pesais alors 52kg et m'habillais en 34.

A 18 ans, je suis partie de mon cocon familial pour m'installer en co-location avec mon amour et faire mes études. On n'avait ni le temps ni l'envie d'apprendre à cuisiner et on ne bouffait que de la merde. J'ai pris 20kg.

Le temps a passé et je suis tombée enceinte de mon fils. Une grossesse vraiment très difficile. Alitée à partir du 5ème mois. J'ai pris 23kg. J'avais 24 ans. J'étais toute jeune maman et je pleurais tous les jours. Après avoir cru que je faisais une dépression du post-partum, on s'est finalement rendu compte que j'étais atteinte d'une "Thyroïdite d'Hashimoto". En gros, une maladie auto-immune qui retourne tes anti-corps contre tes propres organes. Pour ma part, ils ont détruit ma thyroïde. Ceci n'explique pas forcément cela. Une fois le bon traitement trouvé, j'ai retrouvé le sourire mais pas la ligne. Hormis la promenade quotidienne du chien, pas de sport. Pas le temps. Trop d'excuses.

A 28 ans j'ai eu ma fille et de nouveau 23kg dans la tronche avec une grossesse encore une fois assez difficile. 3 mois après mon accouchement je pesais donc 98kg comme vous pouvez le voir sur la photo "AVANT-APRES". Je ne supportais plus de m'habiller en 48, de me voir sur les photos, d'entendre mon père me dire "ma chérie tu devrais vraiment faire attention, tu as encore grossis" avec un ton compatissant et ma mère encore et toujours me servir de la salade... j'avais des crises d'hyperphagie où je pouvais finir le pot de glace en entier et remanger deux cuillères de nutella par la suite. Je culpabilisais et me sentais encore plus mal après mais je ne faisais rien pour arranger mon cas. Je fermais les yeux et pensais que ce n'était pas bien grave. J'en avais marre aussi d'entendre mes collègues et mes amis me dire "que j'étais très belle comme ça" et que les "rondeurs" m'allaient très bien. Fausse modestie? Peur de blesser? Hypocrisie? Peu importe. Je ne me supportais pas. Au fond de moi, je ne pouvais pas me résigner à être la fille qui respire comme une baleine asthmatique rien qu'en montant un étage. Celle qui a du mal à toucher ses pieds une fois debout, celle qui passe 4H dans la douche à sécher "les plis" de sa peau, celle qui, en hiver à cause du froid, a des gerçures parce que ses cuisses se touchent, celle qui, en été, transpire à grosse goutte rien qu'en marchant "vite" 200m pour attraper son train, celle qui ne peut pas jouer à chat ou au foot avec ses enfants parce qu'elle a mal à la hanche, celle qui a 21h s'écroule dans son lit parce qu'elle est en permanence fatiguée, celle qui tombe malade 15 fois dans l'année parce que son système immunitaire est à la ramasse, celle qui doit prendre des médicaments pour faire baisser sa tension et qui risque la crise cardiaque à 40 ans. Je ne suis pas cette fille. Je n'ai jamais voulu l'être alors pourquoi je me suis laissée aller vers cette image qui me rendait si triste? Surement pour toutes les raisons énumérées ci-dessus mais peu importe. Il y a un jour dans votre vie où vous savez que c'est aujourd'hui que les choses vont changer et bien pour moi ce jour a été celui où mon cardiologue m'a demandé si j'aimais mes enfants? Quelle horrible question! Comment osait-il me poser cette question?? Et bien si vous les aimez, n'en faites pas des orphelins dans 10 ans. Dans 1 mois je vous revois et vous aurez perdu 3kg.

Ses paroles résonnent encore dans ma tête. Ce fut l'électrochoc! Il ne s'agissait plus uniquement de ma petite personne mais du bien-être de mes enfants. J'avais cette responsabilité entre les mains et j'en prenais réellement concience. Est-ce que j'ai le droit de détruire la vie de mes enfants en les abandonnant? Est-ce que j'ai le droit de faire du mal à ceux que j'aime en les privant de leur mère/femme juste parce que je n'ai pas le courage de changer? Qu'est-ce que le courage au final? C'est la force/la volonté d'affronter ses peurs. J'avais peur de changer. Peur de ne pas y arriver. Peur d'être critiquée. J'ai dépassé ça et je me suis reprise en main. Je savais que la route serait longue et le chemin semé d'embûches mais j'ai tout de même la chance d'avoir un "caractère de cochon". Je ne supporte pas de ne pas atteindre mes objectifs. Il était donc certain que j'y arriverai. Peu importe le temps que cela prendrait, je ne lâcherai pas le morceau!

N'oubliez jamais qu'il n'y a que vous qui savez de quoi vous êtes capable!!

La suite dans un prochain article... ;)

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