Avant j'étais grosse, maintenant je suis sportive.

Si vous tombez sur cet article par hasard, il vaudrait mieux commencer par le début. Et si mon histoire vous intéresse, continuez par lire le second épisode.

Pendant 1 an et demi je souffrais nuit et jour de ma hanche. Pendant 1 an et demi je n'ai pourtant pas arrêté de courir. J'ai passé des IRM, je suis allée consulter des pontes à 130€ le quart d'heure sur Paris et personne n'a trouvé de solution. Et puis un jour, elle a disparu. Comme par magie. Je me suis levée un matin sans aucune douleur. La première fois en 30 mois!! Je n'ai rien compris. Je ne peux pas l'expliquer mais elle n'est jamais revenue. Je me suis blessée à plusieurs reprise par la suite: periostite, tendinite, sciatique, aponevrosite (hic!) et compagnie mais plus jamais cette douleur de hanche si intense et si inexplicable. Mon corps avait peut-être simplement tenté de me dissuader de courir. Tant d'années sans sport, quel traumatisme pour lui de s'y remettre! Il n'était pas content et il me le faisait bien savoir. Mais je ne lui ai pas laissé le dernier mot!

C'est à partir de là où j'ai commencé à m'intéresser plus "sérieusement" à la course à pied. J'avais fait des progrès. Je ne vomissais plus mes tripes après chaque sortie et étais capable de courir 5km sans mourir. Je me suis documentée pour me familiariser avec le langage propre aux runners, comprendre comment on peut devenir capable de courir un marathon, un 100km... Ce qui passait par la tête de ces fous du jogging m'a réellement interpellée. Un peu plus tard, mon mari m'a parlé de la Color Run. Vous savez cette course fun où à chaque km vous êtes aspergés de poudre colorée pour "marquer" le cap et ce jusqu'au 5ème et dernier km. Il m'a suggéré de nous y inscrire et je lui ai répondu bêtement: mais pourquoi tu veux que je paye 30€ pour courir et me faire barioler de poudre multicolore?? Et dire que maintenant je réserve mes prochaines compétitions un an à l'avance... Si j'avais su... :D

A force de me blesser en course à pied, je me suis mise au renforcement musculaire. J'ai téléchargé l'application NTC que j'utilise encore aujourd'hui et j'en ai bien bavé 😅 Aujourd'hui, je suis capable de faire des entrainements plus poussés mais j'en bave toujours autant! :p

Parallèlement je me suis forcée à enfiler un maillot de bain. Au debut, je n'allais à la piscine qu'en famille de temps en temps et surtout pour amuser les gosses. Je faisais 3 longueurs et basta. J'ai toujours eu peur de l'eau. Je panique facilement quand je n'ai plus pied ou que la mer est trop sombre, ça m'angoisse vraiment. J'ai appris à nager à l'école "à l'ancienne". Le maître nageur te balançait dans le grand bain et te tendait une perche toujours inaccessible. Comment traumatiser un gosse... Bonjour la pédagogie d'autrefois... (je dis ça comme si j'étais super vieille... alors que non, au final, c'était y'a pas si longtemps) Bref, à part nageotter une brasse qui me permettait surtout de ne pas couler je ne savais pas nager. Mon mari, lui, est un vrai poisson. Il aime l'eau c'est son élément. Il m'a motivée à continuer. Ma kiné aussi qui m'interdisait régulièrement de courir pour cause de bobos divers m'incitait à nager. La natation permet de renforcer les muscles du dos, des bras et de développer le souffle et le coeur ce qui est un grand avantage en course à pied lorsqu'on fait de la longue distance. Petit à petit je suis donc allée seule à la piscine en sortant du travail ou le dimanche matin à l'ouverture. J'habite une petite ville où l'unique bassin est vite blindé et c'était le seul moyen de ne pas avoir trop de spectateur (j'avais encore bien honte de mon corps et de mon piètre niveau en natation).

L'avantage c'est qu'avec cette diversification des sports, j'ai de nouveau perdu du poids et je me suis affinée, tonifiée, sculptée. Ça m'a donné un sérieux coup de boost. Mais bizarrement je ne me voyais pas vraiment maigrir. Comment vous expliquer cela... En fait je constatais bien les changements au niveau taille de vêtement, chiffres annoncés par mon mètre mesureur etc... mais je ne me rendais pas vraiment compte de la réalité. C'est comme si un blocage persistait au niveau de mon cerveau. Comme si mes yeux refusaient de voir la réalité en face. C'est étonnant pour quelqu'un qui relativisait sa prise de poids de changer de point de vue pour au final se voir toujours aussi grosse. Aujourd'hui encore je souffre de ce blocage. Je vois bien qu'il y a une différence entre moi "avant" et moi "maintenant" mais c'est comme si je ne réalisais pas vraiment. Cette personne que je vois sur les photos ne doit pas vraiment être moi en réalité car celle que je vois dans le miroir chaque matin est toujours aussi grosse... Ne me demandez pas pourquoi je réagis comme ça je suis incapable de le comprendre. Mais en même temps c'est peut être comme on dit un "mal pour un bien" car tant que je me vois grosse je ne lâcherai rien. Je ne me laisserai plus jamais allée, je n'en ai plus le droit.

A l'heure actuelle je n'ai plus de problème de poids et pourtant je continue sur ma lancée. Pour rien au monde je ne reviendrai à ma vie d'avant. L'hygiène de vie que je me suis "imposée" est devenue naturelle. Elle fait désormais partie de mon quotidien. Elle représente mon équilibre, ce qui me fait avancer, progresser. J'ai désormais d'autres objectifs que de maintenir mon poids de forme. Je veux aller plus loin, me dépasser toujours plus pour voir où sont mes limites et tenter de les repousser encore un peu. Vous avez sûrement lu "une semaine avec moi" et vous savez que je fais du sport tous les jours de la semaine mais n'allez pas croire que je me force. Ce n'est plus le cas. Je le fais désormais uniquement par plaisir. Aujourd'hui, c'est plutot si je manque une séance que je me sens mal. Il ne faut certes pas tomber d'un excès à un autre mais apres tout, est-ce si grave d'être accro au sport?

Si vous me suivez depuis quelque temps vous savez que j'ai récemment relevé mon ultime défi: courir un triathlon. Cela m'a demandé un très gros effort. Pas tant sur le plan physique mais surtout sur le plan psychologique. Moi, l'ancienne obèse, n'aurait jamais du être capable de faire ça et pourtant je l'ai fait! Ne lâchez rien! N'abandonnez jamais! Puisez la force qui est en vous et allez jusqu'au bout de vos objectifs, vous en êtes capables. Souvenez-vous que votre plus grand adversaire c'est vous-même. Terrassez-le, il vous en remerciera.

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