N'ayons pas peur des mots, avant j'étais grosse 2/2

Si vous avez lu la première partie de mon histoire, vous savez que mon cardiologue m'avait posé un ultimatum: je devais perdre 3kg en 3mois. Pour certaines, 3kg en 1 mois ce n'est pas la mer à boire mais pour quelqu'un qui depuis de nombreuses années ne voyait que les chiffres augmenter ou stagner sur la balance sans jamais redescendre ça paraît réellement hors de portée. Seulement voilà. Dormir avec un holter tensionnel qui vous annonce que même la nuit votre tension artérielle monte à 17.9 et prendre tous les jours des médicaments pour la faire baisser quand on n'a pas 30 ans, ça fout les boules.

En Mars 2012 j'ai donc décidé de réagir. J'ai commencé par m'acheter un vélo d'appartement afin de pouvoir "bouger" tout en m'occupant de mes enfants. Ma fille n'avait alors que 2 mois et mon fils tout juste 4 ans. Au début, je me fixais des séances de 20mn 2 fois par semaine et je trouvais cela vraiment dur. J'étais essoufflée et j'avais mal aux fesses (pas très confortable le vélo d'appart) mais je n'avais pas trop le choix du sport. Courir? Hors de question! Je détestais ça. L'endurance à l'école était mon pire cauchemar. Nager? ça ne va pas la tête! Déjà je ne suis vraiment pas à l'aise dans l'eau et en plus se mettre en maillot de bain devant TOUT le monde ça n'était pas envisageable. Bref, j'ai continué mon vélo toute seule au milieu de mon salon. Mes séances ont augmenté progressivement à 30mn puis 45mn 3 fois par semaine puis 4 puis 5.

Parallèlement j'ai entrepris de changer radicalement d'alimentation. Terminée la junk food. Adieu pizza et double cheese! Adieu pot de nutella et autres cochonneries grasses et sucrées. Attention! Même si j'ai rééquilibré mon alimentation, je n'ai pas fait de "régime". J'ai toujours continué de manger toutes les catégories d'aliments. J'ai juste supprimé le sucre raffiné et extrêmement réduit les plats industriels. J'ai aussi appris à cuisiner les légumes! Vous savez ces choses vertes, rouges, violettes, jaune et oranges bref, ces trucs insipides mais qui donnent de la couleur à vos assiettes. Beurk! Qu'est-ce que je trouvais cela fade! En fait, c'est juste que je ne savais pas les accomoder. Il est amusant de penser qu'il y a encore 3 ans, je me forçais à en manger alors que désormais je n'envisage même plus un repas sans eux. J'ai repensé complètement mon alimentation. J'ai tatonné. Fais des erreurs. Recommencé. Puis je suis arrivée à des plats de mieux en mieux. Le problème était qu'il fallait que je mette toute la famille à la même sauce car je n'avais clairement pas le temps ni l'envie de cuisiner 2 plats différents et faire manger des légumes à mon mari et mes enfants a été mon plus gros challenge :P

Petit à petit j'ai établi un "listing" des meilleurs plats et je m'en sers encore au quotidien aujourd'hui pour établir mes menus de la semaine et diversifier les propositions. Vous pouvez d'ailleurs trouver quelques exemples dans la rubrique "Recettes" du blog ;)

Malgré tout je n'y croyais pas trop. Je ne voulais pas me "priver" car il était hors de question que je retombe dans la spirale infernale du régime strict. J'ai commencé à me peser pour la première fois au bout de ce mois, chez le cardiologue, et là, surprise, je n'avais pas perdu 3kg mais 5! J'étais très contente. Pour me "remercier" mon cardiologue a baissé le dosage de mon médicament. De retour à la maison j'étais motivée. En ne me privant de rien juste en mangeant à ma faim sans me resservir et en diversifiant mon alimentation et bien sur en ajoutant un peu de sport j'avais maigri.

Petit à petit j'ai modifié mes habitudes. J'ai délaissé la voiture pour la marche à pied dès que cela était possible. Je prenais systématiquement les escaliers au lieu de l'ascenseur. Au boulot, dès que je le pouvais je marchais. Bref toutes ces petits choses qui n'ont l'air de rien au quotidien mais qui nous maintiennent en bonne santé...

Puis un jour, mon mari (qui avait fait de l'athlétisme plus jeune) m'a demandé d'aller courir avec lui. Il avait aussi besoin de perdre un peu de poids et c'était le moment idéal pour lui de se remettre au sport. Je n'en avais vraiment pas envie mais j'y suis allée. J'ai pris mon courage à deux mains et j'ai chaussé mes baskets. Ce jour là, on a du faire péniblement 2km à une allure d'escargot. Je suis revenue trempée de sueur, aussi rouge qu'une saucisse à hot dog et les poumons en feu. J'avais mal au palais, la gorge arrachée. J'étais exténuée et n'avais certainement pas envie de recommencer cette folie. A plus de 80kg, je peux vous dire que courir est un véritable exploit. Mais j'ai tenu bon et nous y sommes retournées une autre fois.

Le temps a passé et j'ai continué de perdre du poids. Au niveau alimentaire, une fois la période "d'adaptation" (qui se résume à une désintoxication au sucre) passée, je n'ai ressenti aucune frustration, aucune fringale. Je mangeais largement à ma faim. Mon astuce était simplement de servir à l'assiette et de ne plus mettre le plat sur la table pour éviter l'envie de se resservir par gourmandise. Malgré tout, il me restait encore cette tentation "psychologique" de manger pour trouver du réconfort ou pour calmer le stress. 2 ans auparavant, mon fils est tombé gravement malade. Une saloperie de bactérie lui a détruit ses reins et ses globules rouges. Avec mon mari, nous avons passé plusieurs semaines en enfer. Pour certains, le stress fait maigrir, pour moi ça a été l'inverse... Depuis mars 2010 il est suivi en néphrologie pour son SHU et le restera à vie. (Cliquez ici si vous voulez connaître son histoire.) Le stress a diminué depuis mais il reste tapi dans l'ombre et ressurgit dès qu'un symptôme fait son apparition. Il faut vivre avec. On parle souvent des anorexiques qui se "suicident à petit feu" mais les personnes qui se font grossir pour compenser risquent des maladies cardio-vasculaires, du diabète et j'en passe. C'est une autre forme d'auto-destruction. Elles méritent d'être aidées. Seulement les médecins n'ont pas forcément la bonne solution. Certains nous proposent des régimes intenables sur le long terme, d'autre la chirurgie... moi je ne voulais rien de tout cela alors je me suis débrouillée toute seule.

Voici quelques chiffres pour vous donner une petite idée du chemin parcouru...

A l'heure où je vous écris ces lignes j'en suis rendu à 59kg dont 22% de masse grasse et 42% de muscle.

Tour de taille: 77cm

Tour de hanche: 98 cm

Tour de cuisse: 57 cm

Tour de poitrine: 86 cm

Au bout de quelques mois j'avais trouvé un bon rythme: 3 ou 4 séances de vélo d'appart, un peu d'abdos et une séance de course à pied par semaine mais le poids s'est mis à stagner. Une douleur neurologique chronique s'est installée au niveau de la crête iliaque de ma hanche et je savais que j'allais souffrir le martyr toute la nuit qui suivrait ma séance running. Les médecins ne savaient pas comment me soigner. J'ai eu des infiltrations, des patchs de lidocaïne, des charrettes d'anti-inflammatoire... mais la douleur était toujours là. Elle ne m'a pas quitté pendant 1 an et demi. Quand on souffre, il faut plus que du courage et de la détermination pour ne pas abandonner. Et je tire mon chapeau à tout ceux qui refusent de se laisser aller malgré la maladie. J'ai souffert mais je n'ai pas abandonné. Je le devais à mes enfants, à mon mari et à moi-même.

Suite et fin dans un prochain article... ;)

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