Relever la tête...

Voilà. Le marathon est passé et je n'ai pas pu le courir. J'ai forcé ma raison à écouter mon corps (et surtout les médecins... qui me déconseillaient fortement de le courir dans mon état actuel). Je ne vous cache pas ma déception :(

Je le prends comme un échec. 6 mois de travail. 6 mois de préparation physique et mental. 6 mois de sacrifice... pour rien. Alors oui, j'ai gagné en endurance (en arrivant jusqu'à 26km), mais j'ai perdu en vitesse. Oui je me suis renforcée musculairement mais j'ai aussi fragilisé mes tendons. Toutes ces soirées à courir seule sous la pluie, dans la nuit, le froid, contre le vent, après le boulot. Tous ces week-ends à caser en priorité mes sorties longues. Ma préparation a envahi mon quotidien et même si j'ai fait au mieux pour que mes enfants n'en pâtissent pas, j'ai fait des sacrifices. J'ai réduit mon temps de travail pour pouvoir m'occuper d'eux tout en assurant cette préparation intensive et tout ça pour rien.

3 jours après je fais donc face à l'échec. Bien sûr je vous entend dire "ce n'est qu'une course. Ce n'est que partie remise etc..." mais désormais la motivation n'est plus là. J'ai perdu cette étincelle qui me boostait au quotidien. Celle qui me soufflait: tu vas y arriver. Tu peux le faire. Tu en es capable. Sois forte. Bats toi pour atteindre ton objectif et tu l'atteindras. Et je n'ai même pas pu essayer. Alors pour certains ce n'est pas vraiment un échec mais moi je le vis comme ça. J'essaye de positiver (fidèle à mon principe de positive attitude) mais c'est dur. La seule chose qui me console c'est que j'ai pu accompagner mon mari en vélo pour ce premier marathon qu'on a préparé ensemble et qu'il a atteint ses objectifs: Non seulement il l'a terminé mais en dessous du chrono qu'il s'était fixé! 3H40 pour un 1er malgré vent, pluie, froid et parcours difficile. Chapeau bas. Je suis fière de lui :D

Mais d'un autre côté, l'avoir vu en baver. Lui le warrior qui était monté jusqu'à 32k en entrainement. Qui est de nature beaucoup plus sportif que moi et qui (hormis un genou fragile) a une meilleure constitution que la mienne a souffert durant ces 42 bornes. Je l'ai vu galérer, lutter mentalement contre ses douleurs. Et finalement je pense que ça participe à ma démotivation d'en préparer un autre: tant de souffrance pourquoi? Pour prouver quoi et à qui? Je n'aimais pas courir auparavant puis j'ai apprivoisé ce sport et j'en suis devenue accro (dans le bon sens du terme. Accro aux endorphines, à l'euphorie, au bien-être) et comme dans Star Wars, un jour tu passes sans t'en rendre compte du mauvais côté de la force et tu deviens accro dans le mauvais sens du terme. Ce n'est plus ce plaisir et cet état de bien-être qui est recherché mais le dépassement de soi, la transcendance au travers de la souffrance. Est-ce vraiment sain d'en arriver là? Je ne sais pas. Je ne sais pas.

Cette préparation marathon m'a tout de même donné une bonne leçon d'humilité. Je n'y suis pas arrivée. Mon corps ne me l'a pas permis. Et même s'il parvient à se remettre un jour de ses blessures, mon esprit n'est plus là.

Je sais bien que pour relever la tête il me faut trouver un nouvel objectif mais peut-être pas celui d'envisager un nouveau marathon. Cette distance me paraît définitivement hors de ma portée. Le doute s'est installé. Suis-je vraiment faite pour la course à pied? N'est-il pas plus néfaste que bénéfique pour mon avenir de m'acharner à courir malgré tout. Et d'un autre côté je sais que j'en ai désormais besoin. Je ne suis pas encore capable d'arrêter. Comme une droguée qui n'aurait pas sa dose, les substituts offerts par les autres sports ne suffisent pas à me contenter. JE VEUX COURIR!

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